La vraie leçon du bogue de l'an 2000
21/10/08 - CIO Online
La culture de la qualité dans les projets informatiques est la vraie leçon du bogue de l'an 2000
L'efficacité des projets de gestion de service informatique
Le bug annoncé de l'an 2000 avait poussé les directions financières à se plonger dans leur système informatique.
Huit ans après, la culture de la qualité s'est durablement installée dans les schémas directeurs des entreprises.
Qualité des produits, qualité des services, l'informatique est devenue une activité support qu'on inspecte à la
loupe de référentiels toujours plus nombreux.
Parmi ceux-là, ITIL fait figure de star, au point qu'on ne compte plus les articles qui le mentionnent.
20 ans après sa création et peu après sa sortie en France de la version 3, on peut s'interroger sur les enseignements
à tirer des expériences de mise en œuvre.
La gestion de la qualité des services informatiques nécessite d'être et d'avoir
"Etre" fait référence à la capacité de l'entreprise à structurer l'ensemble de ses activités en processus
efficients. Il ne s'agit donc pas de baisser les coûts de production de service à tout crin mais de les confronter
à des objectifs dont la qualité et la quantité sont déterminées par la stratégie de l'entreprise. Cette vision, bien
que rationnelle, ne parvient pas à rassurer les équipes techniques et les managers qui confient volontiers avoir
le sentiment de devoir produire toujours plus avec moins de moyens.
Notre époque n'est plus celle du "produit rare" mais du "client rare", cette nouvelle cherté se paie en amont des
produits et des services. Le temps où l'informatique était synonyme d'avantage concurrentiel est passé, elle doit
maintenant prouver sa rentabilité à court terme. Dans ce nouveau contexte, la pression est grande sur les managers
et les équipes informatiques qui doivent mettre en œuvre une démarche de recherche de qualité des services.
"Avoir" fait référence à la connaissance complète et réaliste du système d'information. Ceci concerne à la fois
les infrastructures, les logiciels, les règles de gestion, l'organisation et les factures. Il existe deux difficultés
majeures à ce travail : d'une part le SI change sans cesse pour répondre aux besoins de l'activité et d'autre part
chaque composant du SI est lié aux autres par des relations de différentes natures.
La description des dépendances nécessite un travail de mise en commun de personnes venues de domaines d'activité
différents et donc un effort de communication. Ces deux difficultés relèvent du choix de granularité et d'un
référentiel commun.
"Etre" et "avoir" ont en commun la nécessité d'une organisation qui met en œuvre de nouveaux processus, qui
détermine le niveau de granularité pertinent et qui s'approprie un langage commun. Le succès d'un projet
informatique de qualité de service relève moins de la cohérence des nouvelles règles à mettre en œuvre, moins
de la valeur technique de la plate-forme logicielle que de l'adhésion des acteurs. Ecouter, donner du sens et
obtenir l'adhésion : trois bonnes pratiques à ajouter dans une prochaine version d'ITIL ?