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Quelle relation avec sa direction financière et achats ?
01/07/08 - CIO - Yves Grandmontagne


Les choses changent, les relations entre la DSI et les métiers de l'entreprise, en particulier la DAF, s'apaisent... Sauf avec les achats !

La DSI n'est plus la forteresse technologique que certains ont imaginée, avec plus ou moins de succès, dans le passé. Cette situation avait en revanche entraîné une opacité qui n'a pas profité au SI, considéré depuis comme un centre de coûts, dont la DAF peine à percevoir le ROI, et non comme un outil dont les investissements sont justifiés par la création de valeur.
Le triptyque particulier d'investissement du SI- matériel, logiciel et service - difficile à mesurer et à gérer dans le temps, en particulier sur les développements, a fortement participé à renforcer la confusion, même si, comme nous l'a confirmé Gérard Espardellier, consultant cofondateur de Enora Consulting, "Les clients ont l'habitude de faire appel à des prestations intellectuelles à forte valeur ajoutée" : Ceci d'autant plus que le constat est sans appel ; nombre de projets ne fonctionnent pas !
Dans ces conditions, avec la tentative de reprendre en main la DSI en modifiant ses liens hiérarchiques, par exemple en la plaçant sous la DAF, ou en imposant des relations transverses, comme les achats, il n' est pas surprenant que les relations avec les métiers de l' entreprise aient été un temps tendues. Cependant, comme nous l'a confié Pierre Laigle, P-DG du groupe de conseil en gouvernance et technologie auprès des DSI KLC Solucom, "Les DSI ont admis que le pouvoir est dans les métiers." Mais quels sont ces métiers qui sont désormais partie prenante dans la direction et le contrôle de l'informatique ? On peut en discerner six : la direction financière, la DRH, le juridique, les achats et la direction des risques, complétés selon la structure de l'entreprise du contrôle de gestion. Et la direction générale ? "Elle ne doit intervenir que par exception, ou pour donner des orientations" estime Pierre Laigle.

Les achats en question

"Ça pourrait mieux se passer" , nous a confié Gérard Espardellier. Il apparaît cependant au fil de notre enquête (lire les pages qui suivent) qu'après une période conflictuelle qui a fait tomber quelques DSI de leur tour d'ivoire, les rapports entre la DSI et les métiers se sont régularisés. Sauf avec les achats… Ce que confirme Pierre Laigle : "Le conflit n'est qu'avec les achats." Conflit d'intérêt qui dépend de la capacité de l'un à apprécier la vision de l'autre, et non à privilégier le meilleur prix au détriment de la qualité.
Le poids de la réduction des coûts continue de peser sur les métiers, mais surtout sur la capacité de la DSI à atteindre un niveau de qualité, et donc de valeur. En abaissant le niveau hiérarchique où se situe la DSI, celle-ci s'est retrouvée "pieds et poings liés (...) avec un rapport de force systématique" .

La gouvernance s'impose

Pourtant, les choses changent ! Certes, trouver un juste milieu entre qualitatif et quantitatif prend du temps et le processus d'évolution reste long. Cependant, comme l'indique Gérard Espardellier, "en mettant en place la gouvernance, on force la DSI à donner une meilleure visibilité au plan financier, et donc à justifier des investissements et du retour de valeur" . Cette visibilité enfin acquise profite à la direction générale et à la DAF, habituées à réaliser des investissements de plus en plus lourds, si elle peut leur permettre de justifier d'un ROI et d' une nette augmentation de la valeur ajoutée . En effet, la démarche de la DSI est complexifiée, mais finalement tout le monde pourra s'y retrouver.