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L'informatique est-elle consommatrice d'énergie ?
04/09/07 - Animasoft


Le poste bureautique d'un salarié consomme autant d'énergie que 5 réfrigérateurs domestiques. C'est ce que rappelle Gérald Espardellier, du cabinet de conseil Enora Consulting.
Dans une société tertiaire telle que la nôtre, la part de la consommation électrique due aux équipements informatiques bureautiques est de l'ordre de 10 à 25 %, tandis que la consommation électrique d'un employé pour le poste bureautique est estimée à environ 878 kWh par an, soit autant que cinq réfrigérateurs domestiques (source : ADEME).
Or, à mesure que les techniques progressent, la consommation énergétique des équipements informatiques augmente. Les ordinateurs personnels, les périphériques, les serveurs de données, réclament des quantités d'électricité toujours plus importantes. Selon le Gartner Group, le poste " alimentation " des centres de données devrait même représenter plus de 30 % de leurs dépenses en 2010, contre environ 10 % aujourd'hui. Bien au-delà de l'impact environnemental de l'informatique sur notre planète, l'enjeu consiste pour les entreprises à consommer moins pour dépenser moins.

A l'avenir, la plus grande part des économies viendra certainement des salles serveurs. A condition, bien entendu, que la réflexion sur la consommation d'énergie soit menée dès le processus d'achat : cela permet d'intégrer dès le départ les besoins énergétiques des équipements, que ce soit pour l'alimentation, la climatisation ou la ventilation. Une autre piste envisageable est celle de la répartition des salles de serveurs sur l'ensemble du territoire. Aujourd'hui centralisées dans quelques grandes régions, on pourrait imaginer installer les salles de serveurs à proximité des utilisateurs. L'énergie dégagée serait alors récupérée pour d'autres usages tels que le chauffage des locaux, par exemple. Bien entendu, toutes ces projections appartiennent encore au domaine de la prospective et seul l'avenir dira si ces pistes sont réalistes ou resteront dans le domaine de l'utopie.
Mais revenons à aujourd'hui et aux mesures de bon sens qui peuvent agir dès maintenant et visiblement sur l'environnement… Les responsables des achats, notamment, doivent désormais préférer des matériels qui consomment moins d'énergie, quitte à les payer plus cher lors de l'achat. Ce surcoût sera de toute façon "amorti" par les économies énergétiques générées, puisqu'elles induiront des économies d'argent. Ainsi, il faut savoir que les écrans LCD consomment 1,5 fois moins d'électricité que les écrans cathodiques. Pour tous les autres produits informatiques, le label Energy Star de l'Union Européenne (www.eu-energystar.org/fr/) est une ressource précieuse. Il permet de comparer rapidement plusieurs matériels afin de choisir les modèles les plus efficaces en termes de rendement énergétique et de performance.

Mais à ce stade il est essentiel de préciser que les attentions portées aux matériels ne dispensent pas de sensibiliser l'ensemble des utilisateurs de l'entreprise à cette problématique et de les rendre eux-mêmes acteurs. Ainsi, inciter chaque salarié à éteindre son poste en fin de journée est une mesure peu contraignante et qui peut paraître basique, mais qui génère des économies d'énergie non négligeables. Dans le même ordre d'idée, l'utilisation systématique des modes veille permet de diviser la consommation électrique d'un poste par 2 à 2,5 : mise en veille de l'écran au bout de 10 minutes, mise en veille de l'unité centrale au bout de 20 minutes, dispositif de veille sur l'imprimante, etc.

Pour agir sur les consommations d'énergie des postes informatiques et réduire la facture énergétique, un peu de bon sens s'avère finalement plus efficace que de grandes mesures…